• Sagesse de vie Open or Close

    Il y a bien des manières de vivre en ce monde ! François de Sales nous en indique une… : suivre la voie de l’AMOUR.

    En cela, le "Docteur de l’amour" ne fait que reprendre ce que son Maître et Sauveur, Jésus Christ, a enseigné il y a 2ooo ans. Son originalité et son autorité en la matière viennent de son génie à faire part de son expérience spirituelle : il s’est laissé séduire par Dieu et sa vie entière a été une réponse à l’amour passionné du Christ. A travers sa pastorale, son abondante correspondance, ses livres et la fondation de la Visitation, il a toujours cherché à conduire les âmes au véritable amour.

    Se laisser séduire et répondre à l’amour de Dieu voilà bien les deux mouvements de notre cœur, comme ceux de la respiration : inspirer, expirer … St François de Sales parle "des deux principaux exercices de l’amour sacré qui se font par complaisance et bienveillance" (TAD V).

    Nous voudrions vous partager très simplement, dans cette page SAGESSE DE VIE, les riches enseignements reçus de notre tradition visitandine (nos Saints Fondateurs François de Sales et Jeanne de Chantal, Ste Marguerite Marie, etc…) ou de l’Eglise (Magistère, Pères de l’Eglise, Catéchisme de l’Eglise Catholique, etc…), qui nous aident à avancer sur le chemin merveilleux - mais escarpé ! - de l’amour de Dieu et du prochain.

     

La confiance ne nous est pas naturelle mais elle nous est nécessaire dans nos relations à Dieu, aux autres et à nous-mêmes.
Saint François de Sales en parle beaucoup. Voici le début de son Entretien sur la confiance.

"Non seulement l’âme qui a la connaissance de sa misère peut avoir une grande confiance en Dieu, mais elle ne peut avoir une vraie confiance qu’elle n’ait la connaissance de sa misère; car cette connaissance et confession de notre misère nous introduit devant Dieu. [ ] Ce mot tant célèbre entre les anciens : « Connais-toi toi-même », encore qu’il s’entende : connais la grandeur et excellence de ton âme, pour ne la point avilir et profaner en des choses indignes de sa noblesse, il s’entend aussi : connais-toi toi-même, c’est-à-dire ton indignité, ton imperfection et misère. Plus nous sommes misérables, plus nous nous devons confier en la bonté et miséricorde de Dieu; car entre la miséricorde et la misère il y a une certaine liaison si grande, que l’une ne se peut exercer sans l’autre. Si Dieu n’eût point créé d’homme, il eût été vraiment toujours tout bon, mais il n’eût pas été actuellement miséricordieux, d’autant qu’il n’eût fait miséricorde à personne : car, à qui faire miséricorde sinon aux misérables ?

Vous voyez donc que plus nous nous connaissons misérables, et plus nous avons occasion de nous confier en Dieu, puisque nous n’avons rien de quoi nous confier en nous-mêmes. La défiance de nous-mêmes se fait par la connaissance de nos imperfections. Il est bien bon de se défier de soi-même, mais de quoi nous servirait-il de le faire, sinon pour jeter toute notre confiance en Dieu et nous attendre à sa miséricorde ?

Or, j’entends bien que ces choses qui arrivent ainsi entre nous autres ne sont pas des doutes et défiances de la miséricorde en ce qui regarde notre salut; mais c’est une honte et certaine confusion que nous avons d’approcher de Notre-Seigneur. Nous commettons des infidélités, [ ] et nous disons : Hélas ! Seigneur, je n’oserai jamais m’approcher de vous, je suis si misérable ! Et tout cela n’est qu’un peu de satisfaction de l’amour-propre qui nous amuse. Je ne dis pas que ces confusions ne soient extrêmement bonnes quand elles sont bien appliquées. Vraiment, il est bien raisonnable qu’ayant offensé Dieu nous nous retirions un peu par humilité et demeurions confus, car si seulement nous avons offensé un ami, nous avons bien honte de l’aborder; mais il n’en faut pas demeurer là [ ]. Ce ne serait pas grand’chose de s’être anéanti et dépouillé de soi-même, ce qui se fait par ces actes de confusion, si ce n’était pour se donner tout à Dieu, ainsi que saint Paul nous l’enseigne quand il dit : Dépouillez-vous du vieil homme, et vous revêtez du nouveau ; d’autant qu’il ne faut pas demeurer nu, mais se revêtir de Dieu. Ce petit reculement ne se fait que pour mieux sauter et s’élancer en Dieu par un acte d’amour et de confiance, car il ne faut pas se confondre tristement ni avec inquiétude : c’est l’amour-propre qui donne ces confusions-là, parce que nous sommes dépitées de n’être pas parfaites, non tant pour l’amour de Dieu que pour l’amour de nous-mêmes.

Mais vous dites que vous ne sentez point cette confiance. Quand vous ne sentez pas, il en faut faire un acte et dire à Notre-Seigneur : Encore que je n’aie aucun sentiment de confiance en vous, je sais pourtant que vous êtes mon Dieu, que je suis toute vôtre, et n’ai espérance qu’en votre bonté; ainsi je m’abandonne toute en vos saintes mains. Il est toujours en notre pouvoir de faire de ces actes et quoique nous y ayons de la difficulté, il n’y a pourtant pas de l’impossibilité, et c’est en ces occasions-là, parmi les difficultés, ou nous devons témoigner de la fidélité à Notre-Seigneur; car bien que nous les fassions sans goût ni aucune satisfaction, il ne s’en faut pas mettre en peine, puisque Notre-Seigneur les aime mieux ainsi. Et ne dites pas : Je les dis vraiment, mais ce n’est que de bouche; car si le coeur ne le voulait, la bouche n’en dirait pas un mot. Ayant fait cela, demeurez en paix, et sans faire attention sur votre trouble, parlez à Notre-Seigneur d’autre chose."