Le monastère de Tarascon fut établi par le premier monastère d’Avignon en 1641, à la « supplication  instante des messieurs du Corps de Ville qui souhaitaient ardemment avoir un monastère de l’Ordre de la Visitation »…

Quelques repères

1622 : pèlerinage de François de Sales à l'église Sainte-Marthe

1639 : demande de la ville de Tarascon à la supérieure de la Visitation d'Avignon pour avoir des Visitandines.

23 mars 1640 : accord donné par Jeanne de Chantal pour fonder un monastère à Tarascon. Celle-ci écrit à la supérieure d'Avignon : "je vois dans l'affection que ces bonnes gens ont, par un général mouvement de vouloir cet établissement sans que vous ne les en ayez priés ni recherchés, une marque toujours plus assurée que le désir de ce peuple est une inspiration de Notre-Seigneur. J'espère en sa Bonté qu'elle en tirera du bien pour la ville et pour votre maison".

15 octobre 1641 : première installation des Visitandines derrière l'Hôtel de Ville, sous la supériorité de Mère Anne-Louyse Marin de Saint-Michel. Les chroniques du temps rapportent que "la joie du peuple était si grande et extraordinaire que tous, d'une voix publique, disaient hautement que ce monastère de religieuses serait assurément tout le bonheur de leur cité" et immédiatement, "quantité de filles se présentèrent pour y être admises et y prendre la vêture".

1662 : deuxième emplacement du monastère. Sur ordre de l'archevêque d'Avignon, les Visitandines s'installent dans le monastère des Clarisses de la Porte Madame (au bout de la rue des Halles, côté Cours), et en prennent l'administration.

1789 : Révolution : acquisition du monastère par la Ville et dispersion des Visitandines.

1809 : achat du monastère de la Porte Madame par les Ursulines.

1820 : pèlerinage sur le tombeau de sainte Marthe et vœu de la mère de Marie-Alexis Vernet qui deviendra "la restauratrice" de la Visitation à Tarascon en 1843.

1843 : appel des Ursulines pour soutenir le pensionnat. Pour la deuxième fois, un groupe de Visitandines d'Avignon s'installe à Tarascon avec, à sa tête, Mère Marie-Alexis Vernet.

1854 : transfert de la communauté dans le monastère actuel du quartier Jarnègues. Les Visitandines, autorisées à enseigner, continuent jusqu'en 1904 l'activité du pensionnat commencée en 1809 par les Ursulines.

1904 : fermeture du pensionnat.

1944 : bombardements du pont de Beaucaire. Trois bombes tombent dans le jardin : la première détruit la ferme, la seconde fait office de forage qui nous procure l’eau pour le jardin potager et la troisième, tombée à l'angle du bâtiment, n'explose pas ! Pour remercier Dieu, les religieuses aménagent, près de la tribune de leur chapelle, un oratoire dédié au Sacré-Coeur de Jésus.

1970 : l’accueil Ste Marie ouvre ses portes dans l’aile du monastère autrefois réservée au pensionnat.

Le pensionnat (1854-1904)

Après la tourmente de la Révolution, les ordres religieux ne sont autorisés qu'à la condition de se montrer "utiles" à la société. C'est ainsi que les Ursulines avaient ouvert un pensionnat pour jeunes filles pauvres à Tarascon en 1809. Devant leur difficulté à se maintenir, elles obtinrent, en 1843, de fusionner avec une communauté de l'Ordre de la Visitation pour qu'elles puissent, ensemble, poursuivre leur mission d'éducation et d'enseignement. C'est à la faveur de cette fusion que les visitandines reprennent pied à Tarascon. En 1854, lors du transfert du monastère dans ses lieux actuels, les pensionnaires ne sont pas moins de cinquante.

C'est ainsi que, durant 50 ans, des jeunes filles ont été instruites et éduquées selon la pédagogie de François de Sales, à partir de leurs goûts personnels, "en écartant des études l'ennui et la fatigue qui amènent presque toujours le dégoût". La formation intellectuelle est ouverte et approfondie, incluant musique, dessin et langues étrangères. Le travail à l'aiguille complète cette formation.

Le fait que ces jeunes filles aient pu couvrir les murs du grenier du monastère de leurs graffitis témoigne d'un respect pour le nécessaire espace de liberté dont elles avaient besoin. Et l'abondance des "vive Tante..." adressés à leurs éducatrices rend compte de l'attachement que leur vouaient ces adolescentes.