D'une manière générale, l'architecture des monastères de la Visitation se caractérise par une recherche de sobriété et de dépouillement : des façades sobres, des colonnes nues, aucun ornement architectural traduisent le renoncement à tout luxe. Car c'est bien cette « esthétique du renoncement » qui forme l’unité de l’architecture visitandine et lie le principe architectural au principe moral de l'ordre de la Visitation.

Dès 1621, François de Sales et Jeanne de Chantal ont formulé le programme architectural de l’ordre, sous la forme d’un plan type de monastère, figurant le rez-de-chaussée et l’étage d’un monastère, complété d’un devis descriptif (portes, fenêtres, grilles…), tous deux publiés dans le Coutumier de la Visitation. Car dans un ordre décentralisé, sans visiteur autorisé ni supérieure générale, le plan doit pérenniser une unité architecturale entre les monastères et refléter l’unité spirituelle de la communauté visitandine. Mais surtout, il doit être conçu pour respecter la clôture, divisant ainsi les lieux dits « hors clôture » des lieux dans lesquels le simple visiteur ne peut entrer, dits « de clôture ».

La chapelle

Parmi ces lieux « hors clôture », la chapelle est l'une des seules parties du monastère accessible au public. Chaque jour, l’Eucharistie y est célébrée. Son décor fait donc l’objet d'attentions particulières que l'on est donc loin de retrouver dans le reste du monastère : c'est une exception à l'esthétique du renoncement précédemment citée. Les religieuses suivent, en cela, les recommandations de Jeanne de Chantal : « il ne doit rien y avoir dans le monastère qui ne ressente la véritable pauvreté et simplicité » mais « on excepte toutefois l’autel et l’église ». La chapelle est ainsi l'unique lieu où sont conservées les oeuvres d’art les plus significatives sur le plan religieux et les plus soignées sur le plan artistique.

La nef

La chapelle du monastère de Tarascon a été édifiée en 1858 par J. M. Charriez, entrepreneur et architecte de Tarascon, dans un style néo-gothique provençal assez simple. Le style est assez dépouillé : des murs de plâtre peints en beige rosé, un décor architectural de baies en tiers-point gothiques, une galerie grillée de bois peint en noir autour de la chapelle. Le plan est à nef unique, bordé de six chapelles latérales de chaque côté.

Seule l'abside, derrière l'autel, est mise en valeur par la grande statue de Notre Dame des Victoires.

Les chapelles latérales

Les six chapelles latérales sont également très dépouillées. En allant vers l’autel il y a, à droite, les chapelles de Notre Dame de la Délivrance, de S. François de Sales, et du Sacré Cœur et, à gauche, celles de S. Joseph, de Ste Jeanne de Chantal et de Notre Dame de Lourdes.

Le choeur 

Dans les monastères de clôture, le chœur est toujours perpendiculaire à la chapelle : cette salle de prière est le cœur - métabolique - du monastère, le lieu où les visitandines viennent se ressourcer et prier, toutes ensembles, plusieurs fois par jour. Ce lieu empreint de recueillement représente pour les moniales un des plus forts symboles de leur union à Dieu, si proche d’elles, dans le tabernacle de la chapelle. Conformément à la tradition occidentale, l’architecture conventuelle féminine s’articule autour de deux pôles, l’un cultuel, l’autre claustral. Le chœur des religieuses et le reste de l’église.

Le chœur était autrefois séparé du sanctuaire par une fenêtre fermée d’une grille en fer.

De chaque côté du chœur est placé un rang de stalles en bois où s’assoient les religieuses ; la stalle faisant face au sanctuaire est occupée par la supérieure. Ces stalles sont simples et sans ornement ; seule celle de la supérieure est reconnaissable au tableau de la Vierge qui la surplombe.

A l’étage une tribune fait le tour du chœur permettant aux sœurs malades ou âgées de pouvoir assister aux offices.